Vendredi 9 février 2024 ・ 7min de lecture
Handicap ! Ô ciel !
Quel parent, ou quelle personne concernée, apprenant son diagnostic n’a pas eu ce types de réactions ? Et pourtant…
Le handicap n’est pas une tare en soi. C’est une manière spécifique d’ « être au monde » pour reprendre l’expression de Heidegger.
Le handicap c’est avant tout une histoire de définition et de normes, mais aussi une histoire de représentations, c’est ce que nous allons voir aujourd’hui dans ce nouvel article.
Le Handicap est d’abord une question de définition
En France, le handicap est avant tout défini par l’article L114 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) du 12 février 2005 en ces termes :
« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ».
Nous reviendrons dans un prochain article sur cette fameuse « loi de 2005 » dont cette définition du handicap est issue.
Mais commentons cette définition. Le handicap est à la fois « physique » mais aussi « sensoriel, mental, cognitif ou psychique, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Ainsi, loin de ce que l’on s’imagine souvent, le handicap n’est pas que « physique » : personne en fauteuil, personne en béquilles, etc.
En France, 80% des handicaps sont invisibles. À titre personnel, je parle de handicap « invisibilisé », parce que la société « invisibilise » le handicap : par le manque d’accessibilité des transports en commun, par le manque de perspectives offertes pour les personnes concernées en ce qui regarde l’accès à l’enseignement supérieur, par la difficulté à faire valoir ses droits, etc.
Tout cela renvoie finalement au-delà de la question de la définition, à la question des « représentations » du handicap dans le monde social, et plus particulièrement, dans la société.
Le Handicap, c’est ensuite et surtout une question de « représentations ».
Je l’ai dit plus haut, le handicap ce n’est pas uniquement ce que les personnes en « voient » : fauteuil, béquilles, etc.
C’est aussi, et surtout, une question de représentations sociales. D’ailleurs, contre une définition médicale voire « médicalisante » du handicap, des collectifs de personnes handicapées ont voulus, dans les années 1980 aux Etats Unis, faire connaître leur réalité. Je vous renvoie notamment au très bon documentaire, « Crip Camp » sur Netflix.
Le handicap est une question de représentations. La preuve, à l’image de nombre de personnes engagées sur ces sujets, et étant moi-même, une personne concernée, je préfère le terme « en situation de handicap » plutôt que le terme « personne handicapée ».
Le terme « personne handicapée » renvoie pour moi à une responsabilité individuelle de la personne concernée, alors même que le terme de « personne en situation de handicap » renvoie quant à lui, à une responsabilité collective de la société. Et que, dans cette acception, c’est la société qui créée la situation de handicap de la personne concernée.
Je vais prendre un exemple : À une personne en fauteuil dans une gare, vous ne mettez pas à disposition d’ascenseur, la personne concernée devient « dépendante » d’une autre personne qu’elle-même, pour « l’aider » à passer au-delà de cet obstacle.
Prenons la même situation, sauf que, cette fois-ci, vous mettez un ascenseur. La personne concernée, en fauteuil, ne sera plus en « situation de handicap » et pourra se déplacer de manière autonome sur les quais et dans la gare.
Cela vous semble simple ? Et pourtant, nombre de personnes concernées n’ont pas accès à ces aménagements urbains « simples » : ascenseurs, logements pour Personne à Mobilité Réduite (PMR), etc., qui en plus de profiter aux personnes directement concernées, profiteraient également à l’ensemble de la population.
Agir pour le handicap, en rendant accessible les espaces et en levant les « situations » de handicap, ce n’est pas seulement agir pour les personnes concernées, c’est aussi et surtout, agir pour l’ensemble du corps social. Nous verrons cela dans un prochain article.
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